Propos recueillis, enregistrés et retranscrits par Louna Roure, journaliste stagiaire.

 

 


 


            L.R. Arlette AGUILLON, parlez nous de votre vie. Qui êtes vous ?

 

  A. A. Je suis née en Provence, vers le milieu du siècle dernier, dans une boulangerie de village. Après des études de lettres, j’ai enseigné pendant 30 ans, puis je me suis reconvertie dans l’oléiculture. Mariée, deux enfants, divorcée, j’ai à mon actif 9 romans, 2 essais, 2 scénarios, quelques nouvelles et articles divers et une pièce de théâtre. Voilà !

 

            -C’est tout ? Vous écrivez des romans de 500 pages et vous résumez votre vie en 4 lignes ?

 

            -C’est que ma vie n’est pas très originale : les trois quarts des auteurs français sont issus de l’enseignement ; sur 5 femmes mariées à 20 ans, 3 ont divorcé à 50, et les couples font en moyenne 2 enfants. Mais il y a pire : je n’ai rien découvert ni rien inventé ; je ne suis pas alcoolique ; je ne me suis droguée que sur prescription médicale ; mon père ne m’a jamais violée, ni mon frère non plus et bien que contemporaine de Staline et de Gandhi, je ne les ai pas rencontrés. Je n’ai même pas sauvé le monde ! Mes romans sont beaucoup plus amusants que ma vie.

 

            -Soit ! Mais vous pourriez détailler un peu… votre enfance… vos études… votre famille… votre carrière d’enseignante… votre "reconversion"… votre premier livre…

 

            -En somme, vous désirez que je brode un peu.  Vous prenez un risque, car une fois lancée, je suis intarissable. Chez nous, pour parler d’un bavard, on dit : « Il faut lui donner 1 sou pour commencer et 100 pour s’arrêter. »

 

            -Ne vous inquiétez pas ! J’ai 100 € sur moi et nous couperons au montage !

 

            -Dans ce cas, allons-y ! Ouvrons l’album illustré…


 

2 : L'amour dans l'escalier